Séminaire des acteurs sur le projet de loi de biosécurité et pour l’élaboration d’outils prioritaires de la règlementation au Niger

A la demande du ministère nigérien de l’Environnement, de la Santé urbaine et du Développement durable conjointement avec le Centre d’études stratégiques et de sécurité (CNESS), l’Agence de Développement de l’Union Africaine – NEPAD a appuyé l’organisation d’un séminaire des acteurs sur la biotechnologie, la biosécurité et la bio-sûreté, à Niamey le 22 juin 2019.

Cette rencontre d’une journée avait pour objectif d’informer et de sensibiliser les acteurs de différentes institutions aux conditions indispensables pour un système national de biosécurité fonctionnel et à ce qui doit être mis en œuvre dans le pays pour aboutir à un système national de réglementation performant. La rencontre visait également à apporter un appui technique aux régulateurs du ministère de l’Environnement afin qu’ils puissent élaborer les outils règlementaires prioritaires pour le pays et notamment les textes d’application et les formulaires pour l’importation/exportation de produits pour l’alimentation humaine et animale dérivés de la biotechnologie moderne.

Vue des participants au cours de la session d’information et de sensibilisation

Toute la matinée a été consacrée aux aspects de partage d’informations et de sensibilisation des représentants des diverses institutions. Cette session a regroupé une cinquantaine de régulateurs et de chercheurs issus d’institutions gouvernementales et des organisations partenaires.
Le Dr Moussa Savadogo, Chargé principal de programme d’AUDA-NEPAD, et le Dr Zaki Gado, point focal du Protocole de Cartagena sur la prévention des risques biotechnologiques au ministère de l’Environnement du Niger, ont fait des exposés sur la fonctionnalité d’un système de biosécurité, le niveau d’avancement du projet de loi national sur la biosécurité et du cadre régional harmonisé de biosécurité pour l’Afrique de l’Ouest.
La séance de l’après-midi a concerné un groupe d’experts nationaux chargés d’élaborer les outils de réglementation prioritaires pour le pays. Avec l’appui de l’expert d’AUDA-NEPAD en matière de biosécurité, le groupe a été en mesure d’élaborer trois projets d’instruments juridiques, l’un pour la mise en œuvre du comité consultatif scientifique sur la biosécurité, le second pour guider le processus d’évaluation des risques en matière de biosécurité, et le troisième portant sur les formalités à remplir pour l’importation / exportation de produits alimentaires et d’aliments pour animaux dérivés de la biotechnologie moderne.

Photo de groupe des participants

À la fin de la séance de sensibilisation, les participants ont félicité les organisateurs pour la qualité des informations partagées et ont reconnu que cette rencontre leur a ouvert les yeux sur les thèmes abordés.

Points de vue de quelques participants.

Pr. Sidikou Ramatou Djermakoye Seyni

Prof Sidikou Ramatou Djermakoye Seyni, Enseignant-chercheur à l’Université de Niamey, Directrice Générale du Centre de Recherche Scientifique du Niger.
« Cette rencontre est vraiment la bienvenue. Jusqu’à présent il y a eu pas mal de désinformations autour de ces questions de biotechnologie et de biosécurité et ce genre de rencontre permet de rétablir la réalité des choses. Le Niger a perdu beaucoup de temps du fait de cette désinformation mais mieux vaut tard que jamais. Il est temps de prendre en marche le train de l’innovation et de la technologie.
Les besoins au Niger sont immenses. Les biotechnologies pourraient dans un premier temps permettre d’assainir toutes les productions végétales qui souffrent de pathogènes, de maladies virales. Il est urgent de remédier à ces problèmes de phytopathologie et de multiplier les plantes dont nous avons besoin pour notre développement. »

Ranaou Maazou

Ranaou Maazou, Ingénieur Agronome spécialisé en protection des végétaux, point focal du Comité Sahélien des pesticides, organe de mise en œuvre de la réglementation sur les pesticides dans les 13 pays membres du CILSS.
« Cet atelier de formation sur la biosécurité est la bienvenue. Elle a permis de renforcer nos capacités en matière de biotechnologie et de biosécurité et cela va nous permettre de développer une stratégie sur la biosécurité et notamment la sécurité sanitaire des aliments. Nous avons une proposition de loi sur la biosécurité qui est dans le circuit pour adoption par l’Assemblée Nationale et nous avons bon espoir que cela pourra aboutir très bientôt et renforcera notre dispositif législatif en matière de biosécurité. Les experts, aussi bien au niveau de la recherche qu’au niveau législatif et politique, s’y mettent et une fois que la loi sera adoptée, la mise en œuvre pourra se concrétiser avec l’élaboration des textes réglementaires et les autres éléments à prendre en compte notamment les aspects institutionnels, et le personnel de mise en œuvre. »

 

 

GAGARA H Mariama

Laboratoire Central d’Elevage, responsable de l’Unité contrôle de qualité des denrées alimentaires.
« Cette rencontre était vraiment nécessaire parce qu’elle a traité de questions que nous ne maitrisions pas. En ce qui concerne notamment la biotechnologie et la biosécurité, les équivoques ont pu être levées et nous avons eu droit à des partages de connaissances d’experts internationaux sur ces questions. Nous étions conscients de ce questions et voulions avoir des informations mais nous n’avions pas le temps de faire les recherches nécessaires pour accéder à ces informations mais en une journée ici nous avons pu être satisfaits. J’ai particulièrement apprécié les informations sur le cadre règlementaire de la biosécurité au Niger et notamment la nouvelle loi qui est en passe d’être adoptée et qui pourrait permettre d’évoluer positivement dans beaucoup d’aspects. Les échanges sur les OGM ont été également très enrichissants. C’est vraiment un sujet d’actualité, nous sommes interpelés par rapport à cela tout le temps et nous fuyions quelquefois parce que nous n’étions pas en mesure d’en parler. La réalité est pourtant bien là et il faudra vraiment avoir le courage d’en parler ouvertement. ”.