Renforcement des capacités des acteurs camerounais en communication sur la biosécurité

Le réseau ABNE de l’Agence du NEPAD, en partenariat avec le Ministère camerounais de l’environnement, de la protection de la nature et du développement durable, a organisé un atelier de formation sur la communication en matière de biosécurité du 29 au 30 novembre 2017 à Yaoundé.
L’atelier a été inauguré par M. DAMOU LAMTOING Antoine, conseiller technique du ministre de l’Environnement. Au nom du Ministre, il a souhaité la bienvenue aux participants et présenté le statut de la biosécurité au Cameroun: « Je remercie le réseau ABNE de l’Agence du NEPAD pour l’appui technique fourni au Cameroun dans le domaine de la biosécurité en général et pour l’organisation du présent atelier en particulier », a-t-il ajouté.
Le Dr Silas Obukosia, Chargé de programme principal du réseau ABNE, a remercié le gouvernement camerounais d’avoir invité le réseau à l’atelier et a assuré les autorités camerounaises de la disponibilité du réseau à fournir un soutien technique continu au développement et à la mise en œuvre des réglementations sur la biosécurité au Cameroun.

Photo de groupe des participants

Une centaine de régulateurs et d’acteurs des ministères concernés, des organisations de la société civile, de l’industrie du coton et des médias ont pris part à cet atelier. Les experts du réseau ABNE et les spécialistes locaux de la biosécurité ont fait des exposés sur divers sujets dont le statut de la biosécurité au Cameroun, les bases de la sécurité sanitaire des aliments, l’administration de la biosécurité, les principes et stratégies de communication sur la biosécurité, l’activisme anti-OGM, les activités du Point focal pour la biosécurité et les activités du Centre d’échange pour la biosécurité au Cameroun.
La profusion de questions et de commentaires des participants a reflété leur grand intérêt pour les sujets développés et ils ont ouvertement exprimé leur gratitude au réseau ABNE de l’Agence du NEPAD pour cette initiative de renforcement des capacités.
À la fin de la rencontre, les participants ont mis sur pied un groupe local de communication sur la biosécurité comprenant principalement des experts en communication scientifique et environnementale, et une plate-forme WhatsApp a ensuite été créée pour faciliter le partage d’information dans le pays.

Quelques participants s’expriment sur la rencontre

M. Abdoulaye Abou Abba, Directeur de la Production Agricole de SODECOTON

M. Abdoulaye Abou Abba

«Cet atelier de formation a été très utile car il nous a permis de démontrer que le processus de test des variétés de coton génétiquement modifié, avec notre partenaire Bayer, a été réalisé en conformité avec le cadre réglementaire, avec le soutien des institutions concernées, notamment le Comité National de Biosécurité. La rencontre nous a également permis de montrer que l’on peut travailler sur les OGM tout en respectant les exigences de sécurité recommandées. Et le public doit être sensibilisé et doit comprendre la validité des tests sur cette technologie et comment les décisions sont prises sur la base de preuves scientifiques au bénéfice du pays.
Aujourd’hui, 80% du coton mondial provient de matériel génétiquement modifié et il y a un avantage économique pour nos producteurs. La démonstration a été faite ailleurs qu’il n’y a pas de risques liés à la santé humaine et animale et le Cameroun a entrepris des tests similaires pour analyser ces mêmes risques « .

Mme Adrienne Engono, journaliste à Mutations, membre du réseau camerounais de journalistes scientifiques

Mme Adrienne Engono

«Cette réunion arrive juste au bon moment, d’autant plus que les problèmes de biosécurité au Cameroun restent inconnus car les scientifiques qui peuvent donner les bonnes informations sont toujours suspicieux. Ils pensent que les journalistes vont déformer leurs déclarations. Cette rencontre a réuni journalistes et scientifiques et a contribué à la mise en place d’une plateforme, même si celle-ci n’est pas encore formalisée. Cette plateforme permettra une meilleure collaboration entre scientifiques et journalistes pour une meilleure diffusion de l’information scientifique. La plateforme est pour le moment virtuelle; nous allons commencer avec un groupe WhatsApp et ainsi, ensemble, nous serons plus forts.
Les exposés étaient très intéressants et détaillés. J’ai particulièrement apprécié le partage des expériences acquises dans d’autres pays africains. En voyant comment d’autres collègues s’organisent déjà dans d’autres pays, on se demande pourquoi pas nous au Cameroun. Puisque l’Afrique ne peut pas se développer sans la science, nous pouvons aussi faire de notre mieux en tant que journalistes pour apporter notre petite contribution au développement de l’Afrique. «