Mise en place du programme ouest-africain de gestion intégrée des vecteurs

Les représentants des États membres de la Communauté Economique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) se sont réunis du 15 au 17 août 2017 à Accra, au Ghana, pour mettre en place le programme ouest-africain de gestion intégrée des vecteurs (WA-IVM). Après une série d’ateliers consultatifs, cette réunion était la dernière étape de validation du programme.

De gauche à droite; Mrs Mimi Darko, Dr Jeremy Ouedraogo, Mr Eric Okoree, Dr Rufus Ebegba, Dr Raj Long et Dr Tete Amouh au cours de la cérémonie d’ouverture

L’objectif principal de cette rencontre était de convenir de la portée et de l’approche du déploiement du programme WA-IVM avec le paludisme comme maladie cible et le « Gene Drive » comme technologie de recherche. La rencontre a également cherché à identifier les besoins et les exigences des régulateurs qui faciliteraient l’opérationnalisation du programme IVM dans la région de la CEDEAO. Elle visait également à déterminer une structure de gouvernance pour le programme et à examiner pour adoption un plan de travail quinquennal pour le programme.
42 représentants, principalement les directeurs des autorités de l’alimentation et des médicaments et des agences nationales de biosécurité, ainsi que des comités d’éthique des 15 pays de la CEDEAO ont pris part à la réunion. Il a été officiellement ouvert par le Dr Rufus Ebegba, directeur général de l’Agence nationale de gestion de la biosécurité du Nigeria et représentant son pays qui préside la CEDEAO. « La science et la technologie sont les principaux facteurs du progrès économique s’il n’y a aucune application de la science et de la technologie, le continent africain ne pourra pas avancer », a-t-il souligné dans son intervention.
A la cérémonie d’ouverture, Mme Mimi Darko, Directrice Générale de Food and Drug Authority du Ghana et M. Eric Okoree, Directeur Générale de la Ghana National Biosafety Agency, ont souhaité la bienvenue aux participants et souhaité que les différentes discussions contribuent à affiner le programme avant sa mise en œuvre sur le terrain.
Dr Tete Amouh, responsable des maladies transmissibles à l’Organisation Ouest Africaine de la Santé (OOAS), a déclaré que «dans le travail que nous faisons ici, nous devons garder à l’esprit qu’il doit aider des millions de personnes en Afrique de l’Ouest et même au-delà, c’est-à-dire tout le continent africain.  »

Photo de groupe des participants

Le Dr Jeremy Ouedraogo, Directeur du Bureau Régional de l’Agence du NEPAD pour l’Afrique de l’Ouest à Dakar, a également souhaité la bienvenue aux participants, au nom du Directeur Exécutif de l’Agence du NEPAD. Il a affirmé que les ministres de la santé de l’Union Africaine ont recommandé l’utilisation des technologies émergentes en plus des moyens déjà utilisés pour l’éradication du paludisme en Afrique. Comment mettre efficacement en œuvre cette recommandation si les acteurs techniques pour l’utilisation de ces technologies ne disposent pas d’un cadre de consultation approprié? L’approche intégrée semble donc la meilleure pour une utilisation rationnelle et concertée de toutes ces techniques et technologies.  »
Au cours de la rencontre, des présentations ont été faites sur divers sujets relatifs au programme, en particulier la charge des maladies transmissibles en Afrique de l’Ouest, les risques / avantages dans la gestion des maladies, un aperçu du programme WA-IVM, les outils et approches dans le contrôle des vecteurs, les collaborations régionales existantes en matière de lutte anti-vectorielle, les recommandations du Panel de Haut Niveau de l’Union Africaine sur les Technologies Emergentes.
La rencontre a également permis aux participants de s’accorder sur les éléments clés du programme WA-IVM, notamment la portée et l’approche du programme, la cartographie des acteurs, les rôles des régulateurs en matière de santé et de l’environnement, le rôle des comités d’éthique, la structure de gouvernance, le curriculum de formation, le plan de travail du programme et l’élaboration des directives.
Les discussions ont montré que malgré les stratégies actuelles de lutte contre le paludisme dans les pays d’Afrique de l’Ouest, les cas de paludisme continuent d’augmenter dans de nombreux pays d’Afrique de l’Ouest. Par conséquent, il y a un réel besoin d’utiliser des technologies émergentes telles que le Gene Drive pour contribuer à des progrès significatifs vers l’élimination du paludisme d’ici 2030 dans la région de la CEDEAO.
La rencontre a également pris 10 résolutions importantes, allant du renforcement des capacités des parties prenantes et des groupes de travail techniques à la structure de gouvernance adoptée pour l’opérationnalisation du programme. Parmi les autres résolutions figurent également la nécessité pour les participants de renforcer leurs programmes nationaux de gestion intégrée des vecteurs, qui serviront de base à la plate-forme régionale; l’importance des sessions conjointes entre les développeurs de technologies et les régulateurs afin d’améliorer la compréhension du mode de fonctionnement des uns et des autres, ainsi que la science derrière la technologie; et la nécessité d’un plan de communication et de messages concernant le programme et les technologies mis en œuvre.
Lors de la cérémonie de clôture, le rapport de la rencontre a été amendé et adopté par tous les participants. Le secrétariat du programme, dirigé par l’OOAS et l’Agence du NEPAD, finalisera l’édition des documents annexés audit rapport et les distribuera aux délégués.