Contrôle du moustique vecteur de paludisme en Afrique grâce aux moyens génétiques

NEPAD Agency Experts meet WAEMU Biosafety Programme Coordinator on the gene drive project in Africa”.

De gauche à droite : Dr Moussa Savadogo et Prof Aggrey Ambali du NEPAD, M. Saidou Kina de l’UEMOA, Dr Olalekan Akinbo et M. Samuel Timpo du NEPAD”.

Ouagadougou – Le paludisme est transmis par des moustiques femelles (vecteurs) qui prennent le parasite d’une personne infectée puis l’injecte dans le sang de la prochaine personne qu’ils piquent. Ce fait est connu depuis longtemps et des médicaments pour traiter la maladie ont été mis au point. Cependant, des résistances aux divers traitements constituent de plus en plus une impasse et les efforts se multiplient pour se concentrer davantage sur la cause du paludisme, le moustique. De nouveaux outils sont développés par la modification génétique pour contrôler les moustiques et éradiquer le paludisme. Le 1er juin 2017, une équipe d’experts dirigée par Prof. Aggrey Ambali a rendu une visite de courtoisie au Secrétariat de l’Union économique et monétaire de l’Afrique de l’Ouest (UEMOA) à Ouagadougou, au Burkina Faso, afin d’engager des échanges pour des efforts concertés en vue de renforcer les capacités de régulation nécessaires pour une gestion efficace de cette innovation. Cette visite à l’UEMOA était très importante car la technologie de « gene drive » pour la lutte anti-vectorielle contre le paludisme implique des insectes mobiles. Par conséquent, la régulation des insectes transgéniques devra tenir compte des problèmes transfrontaliers. Dans ce cas, une approche réglementaire régionale doit être poursuivie en plus de l’approche des systèmes de réglementation nationaux. Cela nécessitera la mise en place de solides accords de collaboration entre les pays et l’harmonisation des exigences techniques et des processus de régulation des insectes transgéniques, le plus pratique étant incontestablement au niveau régional.

L’Agence du NEPAD a déjà mis en œuvre des mécanismes pour former des groupes de travail conjoints qui pourront œuvrer au niveau régional en matière de réglementation qui convienne pour ce projet. Au cours de la visite de courtoisie, l’équipe d’experts de l’Agence du NEPAD a eu des discussions avec le Coordonnateur régional du programme biosécurité de l’UEMOA, M. Saidou Kina, qui a souligné les progrès et la situation actuelle de la règlementation de l’UEMOA. Prof. Ambali a partagé avec M. Kina la pertinence des visites d’étude récemment entreprises (en Colombie et au Brésil) pour les régulateurs de la santé et de l’environnement de l’Afrique de l’Ouest. Il a également indiqué qu’une réunion de suivi sur le gene drive était prévue la semaine suivante, à Accra, au Ghana. Des guides harmonisés et d’autres documents techniques pour l’UEMOA sont en cours de finalisation, et sont prêts pour une consultation régionale avant leur adoption au niveau de la CEDEAO. Une demande a déjà été examinée pour faciliter les processus d’harmonisation de la régulation de la biologie synthétique et des technologies de « gene drive » dans les communautés économiques régionales du continent. En définitive, la mise en place de systèmes de régulation pour les nouvelles approches de lutte anti-vectorielle grâce à la plate-forme de l’Agence du NEPAD accélérera le processus au niveau national, régional et continental et contribuera à l’éradication du paludisme d’ici 2030 en Afrique.